Critique: Raging Bull

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Au début des années 40, Jake La Motta dit le « Taureau Du Bronx », est l’un des meilleurs poids moyens du monde, il est réputé pour ses attaques imprévisibles et sa capacité surhumaine à encaisser des coups. Il puise sa force dans une agressivité qu’il a du mal à arrêter en dehors du ring, sa femme en fait les premiers frais, ensuite son frère et sa future femme succomberont à sa rage jusqu’à sa descente en enfer.

Après le fiasco critique de New-York New-York, Martin Scorsese tomba dans la dépendance de drogues et c’est  Robert De Niro qui est allé le sauver avec le script de Raging Bull. La suite, on la connait, le grand duo réalise leur plus belle association devant Taxi Driver et Les Affranchis grâce à la performance extraordinaire de De Niro, la réalisation avec une superbe photographie et un scénario béton repris de nombreuses fois.


La distribution est composée d’un des duos les plus connus du cinéma, même s’ils n’ont pas fait tant de films que çà ensemble, De Niro- Pesci. Le premier en Jake La Motta et l’autre en Joey La Motta, frère et manager du champion. Exceptionnelle, superbe, surhumaine, géniale,… tant de d’adjectifs pour présenter la performance hors norme de Robert De Niro(Le Parrain 2, Taxi Driver, puis Il Etait Une Fois En Amérique, Les Affranchis, Casino,…)  en boxeur nerveux qui tombe de haut, dans une décadence misérable. On se souvenait de ses performances, déjà excellents dans Le Parrain 2 et Taxi Driver, en deux films (avec Voyages Au Bout De L’Enfer)  il a pris la chose qu’il lui manquait vraiment une énorme présence, un peu à la Brando. Cette performance est due à la métamorphose de l’acteur tant physique (il s’est entraîné avec des grands boxeurs pour les matchs puis il a pris 30kg de gras pour la descente en enfer) que mental. C’est un réel plaisir de revoir De Niro jouait avec une justesse bluffante comme son exemple, Brando. Il donne vraiment une présence physique à la violence qu’il exerce sur lui-même et sur les autres. Il ressemble à un animal en cage, proche de la performance bestiale de Brando dans un Tramway…. Il incarne parfaitement la nervosité du personnage avec sa famille, l’air stupide général de La Motta, ses grands moments de gloire, son explosion psychologique, sa paranoïa, sa jalousie et sa solitude qu’ils l’entraineront dans sa décadence dans les bas fonds d’un Music Hall. Tout dans l’émotion et la sincérité. On ne peut pas ressentir aucune compassion pour cet homme odieux, osant frapper sa femme et son frère à cause de sa paranoïa. La scène dans la prison, enfermé dans sa cellule, est sublime grâce à son interprétation prenante.  Merci Mr De Niro. Le second larron est le petit nerveux Joe Pesci  (Les Affranchis, Casino, JFK…), tout aussi dans la justesse que son compère qui souhaite le bien de son frère tant sur la carrière que sur la santé et la vie privée. Performance très convaincante de Cathy Moriarty en froide femme de 15ans de Jack La Motta. Un des acteurs fétiches de Scorsese apparait au générique c’est  Franck Vincent en Salvy, le salaud du film (toujours chez Scorsese), en gangster qui veut miser sur La Motta. Une distribution 4 étoiles.


Après de nombreux refus, Scorsese accepte le scénario que lui proposait avec insistance De Niro, il confie une des pièces maîtresses à Michal Chapman, la photographie en noir et blanc. Scorsese voyait en ce film presque un film de rédemption car il avait vécu lui aussi une descente en enfer dans des hôpitaux psychiatriques  après de nombreux ratés commerciaux et il voulait insérer dans son film son expérience personnelle. Pour les scènes de boxe, Scorsese décide de mettre une unique caméra à l’intérieur du ring, d’où les 1 mois de tournages pour 15 minutes de films, pour des raisons de réalisme et pour que le spectateur soit à la place du boxeur. Le montage durant ses scénes  est tout aussi formidable, à la fois intense et brutal avec les flashs des appareils photos entre les coups ainsi que des sublimes ralentis. Scorsese s’est inspiré de Nous avons gagné ce soir de Robert Wise et de L’Homme Tranquille de John Ford. Pour le reste du film, le côté psychologique, Scorsese opte pour une caméra souvent braqué, immobile sur les explosions de violence de La Motta qui est comme dans une cage dans son petit appartement ainsi que dans la prison. Le seul endroit clos où la bête est au mieux c’est sur le ring. C’est sur cet aspect que le noir et blanc a toute son importance, la sobriété de l’image évoque se réalisme et parait impitoyable pour La Motta. Un noir et blanc proche de celui du Voleur De Bicyclette de De Sica, un autre film réaliste. La tension entre les personnages augmentent rapidement grâce au montage  jusqu’à l’explosion totale de la famille et la décadence de La Motta. La scène du fameux « You fuck my wife » est impitoyable et marque la fin de la fraternité. Mais Raging Bull est aussi un film sur le pardon, la rédemption, l’expiation de ses (nos) péchés. Il y a une dimension biblique dans ce film puisque les péchés capitaux y sont tous abordés, avec à la fin un homme en détresse qui veut se racheter de ses maux. La musique aussi à un rôle important, avec au générique la musique magnifique de Pietro Mascagni «  Cavalleria Rusticana », tout cela arrangé par Robbie Robertson qui crée un isolement. Une Vraie Leçon de cinéma.


Le scénario est totalement inspiré de l’autobiographie de Jake La Motta.

Grand chef d’œuvre du cinéma, Raging Bull, malgré ses 2 oscars (De Niro et le montage) seulement, s’est imposé grâce à la performance de De Niro, la réalisation de Scorsese, la photo de Chapman et son scénario prenant. Raging Bull n’est pas seulement un film de boxe c’est un film sur l’homme.  « I’m The Boss »



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