Critique: L'Impossible Monsieur Bébé

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David Huxley, paléontologue distrait, est fiancé à sa secrétaire Alice. A la veille de leur mariage, le scientifique est à la recherche d’une subvention qui sauverait son musée. Au cours d’une partie de golf, il fait la connaissance de Susan Vance, une jeune héritière qui le rend complètement fou. Elle le convainc grâce à de nombreuses ruses de l’aider à garder son léopard surnommé « bébé », les problèmes commencent alors à s’empiler.

Classique de la comédie américaine et archétype de la « screwball comedy » (comédie loufoque sur les mœurs), L’Impossible Monsieur Bébé du grand Howard Hawks doit son succès à l’association géniale du couple Cary Grant et Katherine Hepburn, au scénario loufoque avec  ses multiples rebondissements et à la magnifique réalisation.


Le casting du film peut en faire pâlir plus d’un réalisateur, il est composé de deux mythes du cinéma : Cary Grant et Katherine Hepburn, tous deux parmi les plus grands acteurs et actrices du cinéma. Le duo parfait. Et on se rend bien compte qu’on a à faire à deux grands dès le début et la scène au golf où Hepburn fait tourner la tête à Grant, dont elle a eu le coup de foudre. Les deux acteurs interprètes deux stéréotypes, Grant le scientifique à lunette, David Huxley, dont les seules préoccupations sont la clavicule intercostale du brontosaure qu’il essaye de reconstituer, la généreuse donation qu’il attend pour son musée et un mariage avec sa secrétaire, programmé pour le lendemain, qui va être dédié à la science, et Hepburn joue, Susan Vance, une jeune héritière écervelée et maladroite qui ne laissera jamais David Huxley filer de ses mains et dont le rire à le don d’énerver ce dernier. Dans ces rôles des plus loufoques, les deux excellent dans le registre de la comédie avec une interprétation légèrement sur jouée mais toujours avec une présence immense. Les traits de caractères s’opposent ce qui rend le couple encore plus loufoques, l’une est insolente et déjanté tandis que l’autre est passif. Ils enchaînent parfaitement les scènes de comédie et celles de romance avec un brio extraordinaire. La recherche de l’os caché par le chien est d’une drôlerie désopilante comme pratiquement toutes les scènes du film. Ces deux acteurs, à l’époque jeune crèvent totalement l’écran et une future association des deux acteurs, dans Indiscrétions, sera tout aussi jouissive. On remarquera par ailleurs l’excellente interprétation de Charles Ruggles en Majordome véritable chasseur qui s’étonne d’entendre les rugissements d’un léopard en plein Connecticut et Walter Catlett en sheriff perdu dans l’histoire qu’essaye de lui raconter les protagonistes. Le plus difficile pour des acteurs est de nous faire rire et bien s’est chose faite et c’est bien la marque des très grands. On ajoutera aussi le très bon rôle des animaux, le chien voleur d’os et le léopard fuyard.


La réalisation est orchestrée par Howard Hawks (Scarface, puis plus tard La Dame Du Vendredi,  Le Grand Sommeil, La Rivière Rouge, Rio Bravo…) dont il se charge aussi de la production. Le génie de Hawks vient du montage rapide et intense ce qui permet d’enchaîner les situations loufoques et les répliques hilarantes. Le rythme est parfait et nous fait totalement tordre de rire. Les scènes peu probables s’accumulent pour le couple débraillé : David a le chapeau cabossé, le manteau déchiré les dessous de Susan s’exposent à la vue de tous dans un restaurant, la poursuite infernale du chien voleur de clavicule et du léopard perdu dans le parc se jalonne de la brisure des lunettes, d’une chute dans la rivière et d’un feu de camp où Susan laisse brûler les chaussettes de David. Ce qui entraine des changements vestimentaires ridicules notamment pour Grant qui se retrouve travesti. Tous s’enchaînent dans un cercle vicieux ce qui augmente l’hilarité : Grant qui a besoins d’une donation se rend compte que c’est la tante de Hepburn, qu’il ne peut pas encadrer, qui doit la faire. La scène du diner est complètement géniale rythmée par les mouvements du chien. Toutes les scènes sont déjantés et drôles avec comme apothéose la scène dans la prison et le chaos total. Jouissif. Le comique est accentué grâce à des phrases totalement savoureuses et Hawks utilise le comique de répétition pour augmenter le côté loufoque. Hawks impose une métaphore sur le remariage dont l’enfant est le léopard  d’où le nom « Bébé ».


Le scénario a été coécrit par Dudley Nichols et Hagar Wilde. Le film est inspiré de l’œuvre de ce dernier.

Grand classique de la comédie, L’Impossible Monsieur Bébé a marqué le cinéma de son empreinte comme le fera plus tard la plus grande comédie du cinéma Certains L’Aiment Chaud de Wilder. L’interprétation grandiose de Grant et Hepburn et le scénario virtuose sont les pièces maîtresses du succès du film. Un autre mélange de ce type fera un autre classique avec en prime James Stewart et George Cukor, Indiscrétions.



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