Critique: La Féline

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Dans un zoo, Oliver rencontre Irena et tombe amoureux de cette jeune fille immigrée serbe qui faisait des croquis d’une panthère noire. Ils se marièrent mais un secret Irena, issu d’une histoire qu’on lui raconté quand elle était petite, qui devient réalité, vient perturber leur douce idylle.

Archétype du genre fantastique-horreur noir, la féline a marqué son époque grâce à une forte intensité et modernité dans la réalisation, un suspens haletant et le charme de Simone Simon.


Le rôle principal a été interprété par Simone Simon, tant voulue par Jacques Tourneur bluffé par sa performance dans La Bête Humaine de Jean Renoir, en jeune femme ambigüe et perturbée par son terrible secret, dont elle ignore au début l’existence, qui la sépare de son amour. Son changement de caractère (femme dévouée à femme jalouse) est très bien incarné par l’actrice française et marque le début de sa transformation animale. Le reste de la distribution est convaincant mais se laisse « écraser » par la puissance que dégage Simone Simon.


La réalisation de Jacques Tourneur (plus tard La Griffe Du Passé) est le point le plus important, en effet, il instaure une intensité qui va crescendo après le mariage et un suspens qui est à son paroxysme sur deux scènes : la première quand Alice se fait poursuivre par Irena qui se transforme (avec notamment des bruits de talons qui s’accentuent) jusqu’à l’arrivée du bus. La deuxième scène est celle devenue culte à la piscine avec les mêmes protagonistes, Alice dans la piscine et Irena se transformant autour de cette dernière. Jacques Tourneur en profite pour inventer un nouveau concept, l’effet-bus (Il consiste, à la fin d'une scène dans laquelle la tension est montée, à la faire retomber brusquement au moyen de l'irruption d'un élément extérieur) comme dans la scène avec le bus d’où le nom de cette technique et donc marque son film d’une réalisation originale et moderne. De plus pour accentuer la peur, Tourneur  joue parfaitement bien avec les ombres et les lumières pour faire apparaitre des formes notamment dans la scène de la piscine.


Le scénario du film fut écrit par l’ensemble des techniciens et des producteurs.

Anecdote : le film devait, à la base, dans la distribution, servir de complément à Citizen Kane, mais marqué par l’audace du film, l’idée fut arrêtée. Heureusement pour les producteurs car le Citizen Kane d’Orson Welles fut un désastre économique contrairement à la Féline qui renfloua les caisses de la RKO.

La Féline est donc un classique du genre fantastique, mais à perdu un peu de sa superbe et de sa force en vieillissant, même si la réalisation de Tourneur est géniale ainsi que l’interprétation de Simone Simon. Il en reste tout de même un excellent divertissement. 3/4




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