Critique: Lawrence D'Arabie

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L'officier britannique T. E. Lawrence meurt lors d’un accident de moto sur la route. A son enterrement, les réactions sur la personnalité de ce dernier divisent les personnalités présentent : pour certains c’est un génie, pour d’autres un fou. Un flash back dé débute alors sur la période où Lawrence est envoyé en Egypte pour aider les arabes contre les turcs et décide d’aller récupérer la ville de Damas et de fonder une union des arabes.

Epopée biographique extraordinaire, Lawrence D’Arabie marqua les esprits par sa réalisation brillante avec notamment les plans magiques du levé du soleil dans le désert, par la performance des acteurs et par l’ambigüité de la personnalité du protagoniste. Un monument du cinéma.


Pour la distribution, les producteurs et David Lean étaient d’accord pour prendre un acteur peu connu pour que la personnalité de l’acteur prenne le dessus sur celui du personnage de l’officier T.E Lawrence. Leur choix s’est arrêté sur Peter O’Toole, jeune acteur de 29 ans, inconnu ayant joué quelques petits rôles. Pour le reste des personnages, ils décident de réunir des acteurs confirmés comme Anthony Quinn (Viva Zapata !, La Strada…), Alec Guiness (Oliver Twist, Le Pont De La Rivière Kwaï…), Claude Rains (Les Enchaînés, Casablanca, Mr Smith Au Sénat, L’Homme Invisible…)… . Le résultat est super, Peter O’Toole est totalement habité par son rôle, il est tout aussi ambigu que son personnage et montre tourtes les facettes de cette homme au caractère étrange et perdu. Son évolution de caractère est tout aussi exceptionnelle que son ascension dans le cœur des arabes, à la fin de cette dernière quand ils le nomment Lawrence d’Arabie, il délire et se prend pour le Messie des Arabes. Durant ses campagnes, il a appris à tuer et a pris le plaisir du pouvoir que cela procure. De l’interprétation d’O’Toole, on retiendra, outre la transformation de caractère, ses yeux bleus perçant le sable, sa voix lente et son émotion ambigüe. Ce rôle fut une rampe de lancement pour cet acteur. Dans les autres rôles, Omar Sharif crève l’écran en shérif Ali Ibn El Kharish, ami devient l’ami fidèle de Lawrence, opposé de ce dernier, il est impulsif et sans cœur. La scène où l’humaniste Lawrence décide d’aller aider un être à l’agonie alors qu’Ali l’en dissuade. L’opposition de force se joue aussi entre les chefs arabes (Alec Guiness, Anthony Quinn), Guiness, une nouvelle fois excellent, interprète avec noirceur un prince pacifiste, philosophique, calme et un peureux, alors que Quinn joue Auda Abu tayi , un chef de tribu sanguinaire,  voleur et impulsif. On retiendra aussi les très bonnes interprétations d’Anthony Quayle et Claude Rains.


La réalisation est confiée à l’excellent David Lean (Le Pont De La Rivière Kwaï), le tournage dura deux ans notamment en Jordanie pour les plans extérieurs. Commençons par ces derniers, tout simplement, splendides. Les magnifiques plans du levé du soleil au loin avec le désert qui ne s’en fini pas sont devenus des images mythiques du cinéma. Grâce aux couleurs, aux tempêtes de sables, à l’horizon qui s’étire, le désert devient aussi impitoyable que la guerre qui s’y déroule et est la métaphore du changement de personnalité de Lawrence. Deux plans sont impressionnants, celui où un navire semble traverser le désert lorsque Lawrence arrive au canal de Suez et celui où on aperçoit la silhouette de Sharif qui se dessine. Le film étant un « blockbuster », le budget permet à des batailles incroyablement dynamiques avec de nombreux figurants et des décors magnifiques. Malgré tout cela, David Lean ne perd pas de vue le caractère fascinant qui reste au premier plan tout le long du film. Les voltes faces de Lawrence rythment le film sur les pas moins de 3h40 de film, comme sa mutation refusée qui débouche sur le massacre furieux d’un régiment turc. Les attaques sur les trains sont aussi sublimes. Les souffrances de Lawrence notamment après ses tortures et son viol sont très bien adaptées. David Lean capte parfaitement toutes les émotions des acteurs pour faire de ce film plus autobiographique qu’une épopée. Après avoir géré l’excellent Pont De La Rivière Kwaï, David Lean réalise parfaitement ce film plus intimiste.


Le scénario est l’adaptation de faits réels vécus par Thomas Edward Lawrence et de son œuvre Les Sept Piliers de la Sagesse.

La musique de Maurice Jarre est sublime et colle parfaitement au film.

7oscars: meilleur film, réalisateur, cinématographie, direction artistique, montage, musique, bande sonore.

Œuvre monumentale, Lawrence D’Arabie fait partie du cercle très fermé des grands chefs d’œuvre du cinéma grâce à ses scènes mythiques, sa distribution, sa profondeur et sa musique.



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