Critique: Bonnie And Clyde

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Amérique, dans les années 30, Bonnie Parker, frustrée d’un point de vue sexuel  et sur sa vie pas très excitante, rencontre Clyde Barrow, un truand crâneur. Ils s’associent pour braquer un magasin d’alimentation pour montrer qu’ils ne rigolent pas. Ils prennent la fuite avec une voiture volée et traversent le Sud des Etats-Unis, et deviennent, plus les braquages augmentent, les meurtriers mis à prix.

Classique du cinéma américain, Bonnie And Clyde fut un film marquant dans l’évolution du septième art outre atlantique, comme le fut différemment La Nouvelle Vague en France, il annonce les changements dans la production, un acteur produit le film avec des sociétés indépendantes, dans la morale des films (notamment sexuel, courant dans les années 60), et le pessimisme des années 70. Sinon, le film détient son rang de culte grâce à la performance du duo d’acteur, des ses scènes violentes et de son rythme haletant.


Pour la distribution, à cause des producteurs, qui changèrent souvent d’avis sur le film, les rôles du duo mythique Bonnie et Clyde furent proposés au début à Jane Fonda, Cher et François Truffaut, mais les deux étant indisponibles, et à cause des difficultés à trouver des bons acteurs, Warren Beatty (La Fièvre Dans Le Sang, L’Ange De La Violence, …)  alors producteur, s’adjugea le rôle de Clyde et donna, à contre cœur celui de Bonnie à Faye Dunaway (L’Affaire Thomas Crown, Chinatown, Network, La Tour Infernale, …), quasi inconnue. Malgré de nombreuses embrouilles durant le tournage, les deux acteurs livrent des performances superbes, la magnifique Dunaway, en femme fatale, avec sa tenue qui fit fureur, en manque de pulsions et d’adrénalines qui sait exactement ce qu’elle veut et mène Clyde comme bon lui semble, ce dernier est don campé par Beatty qui impose un look crâneur et classe à ce personnage impulsif qui au contraire de Bonnie, impuissant, ne sait pas où il va, du moment qu’il y ait des banques. Tous deux, grâce à leur sex-appeal, apportent une touche glamour à ces « héros » et les rendent attachants et charismatiques. Les sentiments et les personnalités des deux personnages s’éclaircissent plus le film avancent dont résulteront des scènes de tendresses et des oppositions très bien interprétés.  Les jeunes de l’époque s’identifièrent à ce  couple violent mais glamour, pour montrer leur protestation. Ces rôles furent les rampes de lancement des carrières des deux acteurs surtout pour Faye Dunaway, devenue une icône, ils furent propulser au rang de star. Pour épauler Duanaway et Beatty, les rôles du frère et de la belle sœur de Clyde sont interprétés par le grand Gene Hackman (French Connection, Conversation Secrète, Impitoyable, …), alors inconnu, et Estelle Parsons, seul rôle notable qui fut récompensé aux oscars. Hackman joue Buck Barrow avec sa justesse habituelle, son sens de l’humour noir, et son côté impulsif. Il mourra comme une bête. Parsons en Blanche est irrésistible tellement elle a le don de nous énervé, les spectateurs, ainsi que les personnages avec des crises d’hystérie totalement maîtrisées.


Warren Beatty exige à la Warner, assez hésitant, d’engager Arthur Penn (La Poursuite Impitoyable, …), admirateur du cinéma européen et notamment français, pour la réalisation, refusée par Godard. Lui non plus n’était pas très emballé par la présence de Faye Dunaway. Pas très chaud pour faire le film, à cause du scénario et du personnage impuissant de Clyde, Penn décida de le mettre en scène pour en ressortir les angoisses de l’Amérique actuelle (La mort de JFK, la guerre du Vietnam, le changement de mentalité sur les mœurs, l’évolution des jeunes, …). Le film est donc mis en valeur par la fraicheur et l’originalité qu’impose Penn dans cet enchaînement de braquage de banques qui construit un road-movie haletant dont la violence est à son apogée dans de nombreuses scènes (la balle dans la tête du banquier, la mort brutale de Buck et la scène mythique de la fusillade sur la voiture du couple). Le côté road movie est accentué avec la musique country qui mène les personnages, cheveux aux vents vers une autre ville. Le rythme rapide, qui est intensifiée par un suspens, est du  au très bon montage. Les dialogues efficaces participent à ce rythme ainsi qu’à la tension du film. Dans cette ballade de gangsters, Penn insère un romantisme, les personnages sont glorifiés, les spectateurs sont déçus de leur mort grâce à la réalisation. Pour les scènes de violence, outre le montage intense, Penn utilise les ralentis et des changements de perspectives pour les embellir, notamment pour la dernière scène et celle de l’embuscade où Clyde se fraye un chemin. Des passages magnifiques et époustouflants. Toutes les caractéristiques de La Nouvelle Vague française sont représentées, des jeunes personnages hors la loi en quête d’amour, sont indifférents à la société, la majorité du film est tournée à l’extérieur et non dans les studios…, Penn impose son style innovant chez les américains qui sera précurseur pour le Nouvel Hollywood. A noter, la très belle photographie récompensée aux oscars.


Le scénario a été coécrit par David Newman et Robert Benton et à noter que Truffaut lorsqu’il avait travaillé sur le projet, l’avait modifié. Il s’inspire sur la vie de Bonnie et Clyde.

Le Nouvel Hollywood, mélange entre le néoréalisme italien et la Novelle Vague française, est né en 1967, lors de la sortie de Bonnie And Clyde, film violent et pessimiste. Classique et film culte, Bonnie And Clyde doit sa renommée à son producteur et acteur Warren Beatty, le réalisateur original Arthur Penn, sa distribution et son scénario béton. Film précurseur, suivra des films tels que Le Parrain, Taxi Driver, Vol Au Dessus D’Un Nid De Coucou, La Horde Sauvage, Easy Rider, Annie Hall, L’Exorciste, Orange Mécanique… le nouvel âge d’or du cinéma américain.



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