Critique: Blade Runner

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Los Angeles, 2019. Des Répliquants de la Tyrell Corporation, êtres totalement identiques aux hommes mais sans âmes, vivent illégalement sur Terre, ils sont au nombre de quatre dont trois qui cherchent leur constructeur pour rallonger leur durée de vie. L’un d’eux vient d’être arrêté mais il arrive à s’enfuir durant un entretien. Rick Deckard, un blade runner à la retraite, doit trouver et éliminer ces répliquants…  

Œuvre futuriste et néo noire, Blade Runner est devenu avec le temps un film culte et un classique du genre fantastique grâce notamment à la réalisation stylisée de Ridley Scott, son ambiance oppressante et son contenu philosophique.


La distribution est composée d’un acteur avec une renommée internationale, Harrison Ford, et des acteurs moins connus qui arrivent à tirer leur épingle du jeu. Harrison Ford (Star Wars, Indiana Jones…) en Blade Runner à la retraite est très convaincant, solitaire, froid et désabusé, son personnage est à l’extrême opposé de ceux qui l’ont rendu célèbre (Han Solo et Indiana Jones évidemment). Malgré le côté futuriste et fantastique du film, il garde tout de même un certains réalisme et est au centre de la question s’il est un répliquant ou pas ? Grâce à son jeu ambigu, sa prestation nous fait douter. Dans les seconds rôles, on retrouve l’acteur fétiche de Paul Verhoeven, Ruther Hauer, impressionnant tant sur sa présence dans le jeu d'acteur que sur le physique  (il interpréta une partie des cascades), en chef des répliquants. Très belle et émouvante composition dans la scène finale. Sean Young joue une fade répliquante envahie, hantée et perturbée par son passé et son présent.


La réalisation, confiée à Ridley Scott (Alien), est le point important du film. En effet, Scott instaure une ambiance futuriste et oppressante grâce à de nombreux facteurs : tout d’abord, les décors ressemblant fortement à ceux de Métropolis, œuvre futuriste et expressionniste de Fritz Lang,  qui créent l’univers cohérent du film. Ils sont tout simplement impressionnants (les temples en forme de gratte ciel, tours d’usines crachant du feu, rues grouillants de punks, grands buildings, écrans publicitaires…). Les rues sont remplis d’éléments futuristes  (voitures volantes, feux tricolores parlants…), les outils utilisés dans l’histoire (test de Voight Kampf), l’exotisme des rues (asiatiques, punks, religieux, …)  participent à la cohérence et la richesse de cet univers. L’ambiance sombre avec la pluie et la nuit dans la grande ville rapproche le film au genre noir. Les vêtements de Ford ressemblent à ceux de Bogart dans différents films, alors que ceux des autres personnages sont plus futuristes ou gothiques. Anecdotes : Scott a pris de réels punks pour réaliser les scènes de rues. Le jeu des lumières est aussi un facteur important, les scènes d’intérieurs sont tous simplement splendides et la fumée provenant des bouches d’égout dans les rues accentuent le côté sombre du film. La réalisation de Scott se rapproche aussi de l'expressionnisme allemand prôné par Fritz Lang et Murnau. La scène au ralenti de la mort d’une des répliquantes autour de la foule est magnifique.  Les symboles sont beaucoup utilisés par Scott, notamment religieux (moines dans les rues, colombes …) et irréels (licorne). Tout cela crée une atmosphère particulière et participe à faire de Ridley Scott un grand styliste de l’image. Le maquillage des personnages (gothique de Pris, sombre de Rachael, intello de Joe Turkell…) participe à cette esthétisme de la photographie. La musique techno signée Vangelis est totalement en adéquation avec l’atmosphère du film. La réalisation de ce film est révolutionnaire comme l’avait été celle de Kubrick pour 2001, L’Odyssée De L’Espace.


 Le scénario est inspiré du roman « Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » de Philip K Dick bien que le film s’éloigne beaucoup de cette œuvre. Scott s’est inspiré aussi sur de nombreux films comme L’Invasion des profanateurs de Sépultures et Soleil Vert. Le côté philosophique du film et les nombreuses références restent dans le film (Deckard/Descartes «  je pense donc je suis », étude de l’être et la conscience).

Œuvre original tant sur le plan visuel que sur le scénario, Blade Runner est une révolution du genre et apporte la consécration à Ridley Scott après l’excellent Alien : Le Huitième Passager.



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