Critique: Quand La Ville Dort

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A peine sorti de prison, le docteur Erwin Riedenschneider prépare un nouveau coup: le cambriolage de la bijouterie Belletier. Pour cela, il fait part de ce projet à Cobby, un bookmaker truand, qui le met en relation avec un avocat perfide, Alonzo Emmerich. Ce dernier, au bord de la ruine, accepte de le financer, en réalité c'est Cobby qui se charge de le fournir. Le docteur recrute ses hommes: Dix Handley, un homme de mains, le spécialiste en coffre fort Louis Ciavelli, et le chauffeur Gus Minissi. L'opération débute bien jusqu'à ce que l'alarme se déclenche sans raison et qu'un garde arrive. Ciavelli est blessé, de son côté Emmerich est décidé à tromper ses partenaires et s'associent avec Brannon, un autre truand. Ce dernier essaye de s'emparer de la serviette pleine de diamant durant une réunion mais Dix l'abat et se blesse au ventre. Pris de peur Cobby vend à la police ses partenaires, Gus Minissi est arrêté alors que le docteur et Dix se sauvent tandis que Emmerich se suicide. Les deux fuyards se séparent, le docteur est arrêté alors qu'il regardait une jeune fille dansant, sa passion, . Dix meurt victime de ses blessures dans un champs, prés des chevaux de son enfance disparue.


 Prés de dix ans après Le faucon Maltais, John Huston réalise un nouveau classique du film noir.
John Huston, une image en noir et blanc , des meurtres, des trahisons, la jalousie, un polar, un cambriolage, une ville dans l'obscurité de la nuit, une voix off, une femme fatale, des supers acteurs... tout pour réussir un classique du genre.
L'interprétation collective du film est tout à fait admirable. Sterling Hayden, son premier rôle important, en Dix, un tueur aussi viril que sensible. Sa performance dans la dernière scène est  fantastique avec une émotion puissante.Sam Jaffe, nominé pour l'oscar du second rôle remporté par l'excellent George Sanders qui le méritait pour Ève, compose un docteur d'une sérénité inébranlable que ce soit durant le cambriolage ou dans le choix de la vie ou de la mort d'un homme. Louis Calhern efficace en avocat inquiétant et troublé par sa vie, très émouvante scène de suicide. Le reste des truands est sympathique, tous avec leurs caractéristiques, Gus Minissi le bossu, Louis Ciavelli braqueur soucieux de sa famille et  Cobby transpirant pour donner de l'argent. Chez les femmes, on retiendra la belle performance de Jean Hagen et d'une des premières apparitions de Marilyn Monroe en maîtresse.


La réalisation est confiée à John Huston ( Faucon Maltais, Trésor de la Sierra Madre, Key Largo), qui, au départ, ne devait pas le porter à l'écran car il était sur le projet de Quo Vadis qui s'est compromis à cause de la maladie de Gregory Peck. Initiateur du film noir, le Faucon Maltais étant considéré comme l'archétype et le premier film du genre, John Huston livre un beau noir et blanc et utilise une caméra plutôt statique. Il s'attache plus sur la psychologie des personnages, qui deviennent sympathiques, que sur le braquage en lui même, aspect le plus important du film car c'est ce dernier qui permet au film de se détacher et de trouver son originalité. Le film cible particulièrement les situations et réactions des différents protagonistes du braquage au lieu de s'en tenir qu'au braquage(différent de l'Ultime Razzia de Kubrick). Il oppose la ville, sombre sous la pluie avec ses gangsters et ses meurtres  et la campagne, grands espaces éclairés avec ses rêves et ses chevaux.
Le scénario est inspiré de The Asphalt Jungle de W.R Burnett, il diverge du livre sur le début du film, dans lequel Streling Hayden essaye de fuir les policiers, qui n'existe pas dans l'ouvrage et sur la fin.
John Uston réunit tous les ingrédients et pose une opposition pour réaliser un classique du film noir. 3.5/4 
 


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