Critique: Pulp Fiction

Publié le par superboubouge

Ringo et Yolanda prennent tranquillement leur petit déjeuner dans un restaurant et décide de le braquer. Vincent et Jules sont en route pour exécuter une commande pour leur boss Marsellus Wallace, ils doivent récupérer une valise mystérieuse. Le boxeur Butch Coolidge qui est au service de Marsellus doit se coucher durant un match mais il assomme son adversaire et s’enfuit. Toutes ces histoires sont espacées dans le temps pourtant elles vont toutes se croiser...

Après de très bons débuts avec son thriller Reservoir Dogs en 1992, Quentin Tarantino effectue un véritable tour de force en réalisant Pulp Fiction, film culte par excellence, en gardant ses acquis de son premier film (bonne distribution, réalisation et des dialogues déjantés) et y rajoute un scénario original en forme de puzzle.

 

Tout d’abord la distribution, Tarantino mélange les acteurs confirmés et presque voir quasi inconnus. Il ressuscite la star du samedi soir John Travolta (La Fièvre Du Samedi Soir, Grease, Blow Out...) qui, tout boursouflé, est excellent en gangster dandy et déjanté. Le complice de ce dernier est le futur grand Samuel Leroy Jackson, extraordinaire en tueur à gage qui récite des versets de la bible avant de tuer, tous ses faits, gestes et phrases sont délirants et participent à sa performance géniale. Uma Thurman, peu connue à l’époque, joue la femme toujours droguée du patron des deux tueurs, Mia Wallace. Bruce Willis (Piége de Cristal), interprète avec force et détermination le boxeur Butch Coolidge qui est très attaché à la montre de son père. Il y est très convaincant. Tout comme l’acteur le plus expérimenté de l’équipe, Harvey Keitel ( Means Street, Taxi Driver, Reservoir Dogs...) en nettoyeur en costard qui adore donner des ordres. Pour le reste on retiendra Christopher Walken qui joue le rôle d’un ancien soldat aéricain parti au Vietnam, en référence à son celui qui l’avait eu dans Voyage Au Bout De L’Enfer, ainsi que Ving Rhames en boss mystérieux et brutal qui n’aime pas qu’on « masse » les pieds de sa femme et aussi Quentin Tarantino en gentil Jimmy qui reçoit les deux tueurs à gages en sang et qui doit garder son calme.

Une très bonne distribution pour des rôles totalement décalés et délirants.

 

Quentin Tarantino marque le cinéma avec Pulp Fiction grâce au montage non linéaire du film qui transforme le scénario en puzzle. Il utilise pour cela des flash-back et des flashforwards, ce qui est très original et qui consistent à donner des informations sur le futur. Il sépare les parties de façon à ne par en faire une histoire incompréhensible et au contraire on s’amuse de revoir des personnages, qui sont morts quelques minutes avant, en train de discuter de leur vie quotidienne. Il fait un mélange de tout et de n’importe quoi et en fait un film déjanté, entre les références contre culture américaine (rock’n roll, cinéma : James Dean, Marilyn Monroe...), le sang, les dialogues délirants et débités à toute allure et la mise en scène ironique font de Pulp Fiction un pur produit américain et un film culte. La B.O exceptionnelle, issue de différents genres et artistes, propre à Tarantino est un des facteurs majeurs de la réussite de ce film. Les références cinéma sont multiples notamment des films de Sergio Leone. Il nous propose des plans qu’il réutilisera dans ses autres films comme celui dans le coffre de la voiture avec la caméra dans ce dernier. Les scènes cultes sont nombreuses, surtout celle dans laquelle Thurman et Travolta danse sur la musique de Chuck Berry en hommage à La Fièvre Du Samedi Soir, celle où Bruce Willis choisit l’arme qu’il doit utiliser pour tuer les sado masos, les balles qui traversent Jackson et Travolta... en fait toutes les scènes sont cultes. Il enchaîne parfaitement les scènes de dialogues déjantés avec celles brutales et cultes. Jouissif.

 

 

Le scénario, écrit par Tarantino, du film est aussi un point très important voir le plus important., en effet Quentin Tarantino en a fait son credo et sa marque de fabrique, tous les films sont reconnaissables grâce à ses dialogues interminables, décalés et inimitables. Ce qui est extraordinaire c’est qu’il arrive à les placer dans des moments critiques et montrent bien la personnalité des protagonistes. Le meilleur exemple du film est sans nul doute la discussion entre les deux truands portant sur des massages de pied, des cheeseburgers et du fameux « Le Big Mac » français alors qu’ils se dirigent vers une tuerie quotidienne. Tant de situations cocasses propres à l’univers de Tarantino. Du grand scénario et délire.

En 1994, un film fit scandale au festival de Cannes, on se souvient du doigt levé de Tarantino vers une femme scandalisée, s’était Pulp Fiction et tous les grands pontes eurent le souffle coupé de voir la réussite critique et publique du film de Quentin Tarantino qui a modifié totalement les codes du film de gangster. Ce dernier enchaînera après d’autres films plus ou moins cultes (Jackie Brown, Kill Bill ...) tout en gardant son originalité et sa virtuosité.



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H
J'aime beaucoup ton analyse du film ! En tout cas, qu'on aime ou pas, il est indiscutablement culte, ce Pulp Fiction..
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