Critique: La Mort Aux Trousses
Pris par erreur pour l'agent de la CIA George Kaplan, le publiciste Roger Thornhill est kidnappé par les hommes de l'espion Phillip Vandamm. Ils tentent de le tuer, mais il s'échappe. Arrêté, il ne parvient pas à prouver son histoire. Accusé du meurtre de Lester Townsend, diplomate des Nations Unies, il prend le train pour Chicago sur les traces de Kaplan. La belle Eve Kendall en fait maîtresse de Vandamm le séduit et l'aide à éviter la police...
Chef duvre de chez chef duvre, La Mort Aux Trousses du maître du suspens, Sir Alfred Hitchcock, marqua son époque par le mélange de suspens avec une histoire dagent secret, annonçant les James Bond, des acteurs de haute volée, une réalisation digne du grand Hitchcock, des scènes mythiques et un rythme haletant.
Pour la distribution, Hitchcock choisit un des ses acteurs fétiches pour le rôle principal, le grand Cary Grant (Les Enchaînés, Indiscrétions, La Fille Du Vendredi, LImpossible Monsieur Bébé, ...), Eva Marie Saint (Sur Les Quais) en froide agent, et lexcellent James Mason (Jules César,...) en vilain. Que dire du premier, lhomme qui sait tout jouer et qui a tout joué, lacteur le plus complet selon moi. Il est, une nouvelle fois, exceptionnel alternant lhumour, la tension, lamour, la peur ... à peu prés tout les sentiments avec la justesse quon lui connaît. Son air désabusé, incompris et perturbé au début du film quand il est arrêté est assez extraordinaire. La scène de la vente aux enchères, ainsi que celle avec sa mére, est une vraie démonstration de son talent irrésistible. Il est tout à fait crédible dans ce rôle dhomme pris pour un agent et embarqué dans une affaire douteuse. Son côté gendre idéal et homme élégant qui ne cause pas de problème permettent cette crédibilité dans cet homme embarqué dans un embrolio de retournements de situations. Du très grand Cary Grant, on peut le dire encore une fois. Ce rôle a donné des idées à Saltzman et Broccoli, les deux producteurs de James Bond, pour donner le rôle de 007, que Grant refusera car il ne voulait faire quun film, à noter aussi que le créateur de Bond sest inspiré de Grant. A noter aussi que Grant avait décidé de prendre sa retraite avant le film, on connaît la suite. La seconde, inconnue au bataillon à part une bonne interprétation dans lexcellent Sur les Quais DElia Kazan où elle tenait tête à un certains Marlon Brando, elle doit cette fois ci faire face à Cary Grant. Hitchcock avait tenté denrôler Grace Kelly mais elle refusa après son mariage princier à Monaco. Il recherchait une certaine froideur dans la personnalité et le physique de lactrice ce quil trouva dans la sexy Eva Marie Saint qui livre une bonne performance sans être transcendante malgré une très bonne scène quand elle tire contre sa volonté sur Thornhill. James Mason en homme torturé, parfois perdu, est époustouflant en « salaud », il joue parfaitement cet homme distingué doutant avec une superbe classe. On retiendra aussi la très bonne interprétation de Martin Landau.
Pour la réalisation, inutile de présenter le grand Sir Alfred Hitchcock (Les 39 Marches, Rebecca, Les Enchaînés, LInconnu Du Nord Express, Fenêtre Sur Cour, Vertigo, Psychose...) qui reprend ses fondamentaux de film à suspens pour en faire un film despionnage assez léger et divertissant pour le grand public. Un rythme haletant, un suspens prenant, deux superbes fondus enchaînés, des scènes mythiques, une excellente gestion des acteurs, de grands décors,... cest çà La Mort Aux Trousses. Tout dabord, le montage du film crée ce suspens et ce rythme avec ces scènes qui senchaînent parfaitement. Les deux fondus enchaînés son liés à lamour et la trahison, le premier on a le visage de Eve Kendall qui sefface sur le désert qui devait envoyer Tornhill à la mort, le second est cette fois avec le visage de Grant qui sefface sur le mont Rushmort où il sauvera Eve, une certaine rédemption. Ces fondus enchaînés sont superbement réalisés avec une superbe image. Les scènes mythiques sont au nombre de deux, la plus connue est sûrement celle de lattaque de lavion dans le désert, il ny a que Hitchcock pour penser à une scène pareille et la réaliser avec un aussi beau travelling. La deuxième scène est le sauvetage sur le mont de Rushmort et le plan subjectif sur la boite de cigarette. Pour son film, Hitchcock a eu le droit à un gros budget ce qui lui a permis davoir de superbes décors comme le mont Rushmort et donc avoir une photographie magique. Les passages comiques permettant le thriller moderne sont géniales entre la séquence avec la mère (car la mère a toujours un rôle dans les films dHitchcock), le train a forme phallique et les scènes insinuant les morts montrent la grandeur de la réalisation de Hitchcock.
Le scénario est en partie inspiré d'une histoire vraie : l'affaire dite « Galindez », un professeur enlevé en plein milieu de New-York. Il a été écrit par Ernest Lehman et supervisé par Sir Alfred.
Et que dire de la magnifique musique du grand Bernard Herrmann, qui, une nouvelle fois, est encrée dans le film et suit parfaitement laction.
La Mort Aux Trousses fait partie de la grande filmographie de Hitchcock et se place directement comme lun de ces grands chefs doeuvres avec Les Enchaînés, Vertigo et Psychose, tout est réuni pour du très grand cinéma.