Critique: Il Etait Une Fois En Amerique

David Aaronson, dit « Noodles », revient à New-York, et se souvient de son enfance délinquante dans le ghetto juif des années 1920, de sa bande damis, de Max avec qui il noue une amitié sans faille, de son ascension dans la pègre et le trafic dalcool, et de la mort dun de ses compères, ce qui lenverra en prison. Mais il se remémore aussi de la violence de la période de la prohibition, des viols, et du projet de casse de la banque fédérale et la mort de ses amis, tout cela avec un certains remords
uvre ultime et monumentale de lexcellent, et original Sergio Leone (Trilogie du dollar, Trilogie il était une fois) qui meurt peu après la sortie du film, Il Etait Une Fois En Amérique, vu dernièrement au cinéma pour la première fois, reste globalement une légère déception pour moi tant les critiques (presses, spectateurs) étaient dithyrambiques et le présentaient comme un grand chef duvre.

Tout dabord les acteurs, Robert De Niro (Le Parrain 2, Taxi Driver, Raging Bull, Voyage Au Bout De LEnfer ) est pour moi lélément essentiel de ma déception. De Niro est, à cette époque, à lapogée de son art et fut récompensé, quelques années avant ce film, de loscar du meilleur acteur pour sa performance exceptionnelle dans Raging Bull, mais dans ce film je le trouve certes excellent notamment dans les scènes où il est âgé, avec beaucoup démotions sur son visage mais bien moins bons que dans les films cités au dessus. Dans la partie de la prohibition, je le trouve parfois même quelconque, cest dire pour De Niro !!! On la déjà vu bien meilleur, mais voir De Niro dans un de ces derniers rôles où il ne sur joue pas reste un réel plaisir. Idem pour James Wood, qui est bon avec quelques pics de colères joués avec justesse mais ce nest pas transcendant non plus, pas au niveau dun chef duvre. Tout comme les deux autres partenaires qui seffacent à côté des deux acteurs principaux. Les rôles des enfants est au contraire une bonne surprise, pleins de spontanéités et de naturels même si le jeune « Noodles » en rajoute de temps en temps pour faire le mafieux, on ressent une réelle amitié entre ces derniers, cest le plus important. Globalement une très bonne distribution mais pas au niveau dun chef duvre.

Le point fort du film est sans doute la réalisation de Sergio Leone qui montre, malgré un certains classicisme, toute sa maestra. Dés le début avec une série de flash-backs rythmés par la sonnerie insistante dun téléphone invisible, hallucination sonore qui installe une tension remarquable dans chacun des plans. Cette sonnerie entremêle le souvenir du à lopium et le passé reconstitué. Cette première scène illustre bien le film tout entier construit sur le souvenir brouillé par lopium et le vrai. La dernière scène sous la fumée, peut suggérer que Noodles à rêver de son futur. Pour enchainer les différentes périodes du film, Leone utilise des fondus enchaînés et des raccords audacieux (les phares dun camion déboueurs de 1968 devenant ceux dune voiture des années 1930), ainsi que les mêmes lieux et de très bons maquillages qui marquent bien ces époques. Grâce à beaucoup de moyens, la forme est superbe, comme dans de nombreux Leone (voir tous), lancien New-York revit avec la fameuse scène où on a en arrière plan le pont de Manhattan derrière le ghetto. Une reconstitution proche de celle du Parrain 2. Leone reprend ses plans favoris variant entre les larges et ceux sur les visages, utilise une lenteur dans les scènes de bravoures comme celle, magnifique, sur la mort de Cockeye au ralenti ou dans la scène de la tasse à café (très Leonienne). Outre la violence présenté par Leone (viols dont celui dans la voiture assez dérangeant et insoutenable, les trahisons ), le point important du film est lémotion, véhiculée par la magnifique (encore) musique dEnnio Morricone, les trahisons, les pertes (morales, humaines), les remords et les regrets. Leur ascension est épique et leur chute est tragique. Le montage fut coupé par les producteurs qui voulaient un film de moins de2h30 alors que le film finalement dure 3h30(quon ne voit pas passer) !!!

Il était une fois en Amérique est le troisième volet de la trilogie du dollar, 12 années ont du être consacrées pour la conception du scénario. Leone a été envisagé pour réaliser Le Parrain mais il préféra soccuper de son propre projet. Inspiré dA Main Armée de Harry Grey, basé sur une histoire vraie, Leone reprend la même histoire mais joue sur les « flashs back » pour accentuer le remord de lacteur principal. Plusieurs ellipses sont présentent dont celle sur le braquage de la banque fédérale pour donner plus de surprises pour la fin qui pour moi est un peu tirée par les cheveux.
Il Était Une Fois En Amérique reste néanmoins un très beau film, qui selon moi est légèrement surestimé par certains, mais quon aime revoir pour se replonger dans ces décors sublimes et se livrer dans diverses interprétations de la magnifique dernière image.3.5/4