Critique: Apocalypse Now

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Guerre du Vietnam. Les services secrets américains confient au capitaine Willard la mission de trouver et d’exécuter le colonel Kurtz dont les méthodes sont jugées « malsaines ». Celui-ci, établi au-delà de la frontière avec le Cambodge, a pris la tête d’un groupe d’indigènes et mène des opérations contre l’ennemi avec une sauvagerie terrifiante. Au moyen d’un patrouilleur mis à sa disposition, ainsi que de son équipage, Willard doit remonter le fleuve jusqu’au plus profond de la jungle pour éliminer l’officier. Son équipage est composé du commandant du bateau George Philips, d’un jeune soldat de 18 ans « Clean », d’un champion de surf Lance Johnson, et d’un autre soldat Jay « chef » Hicks…

   « Apocalypse Now n'est pas un film sur le Viêt Nam, c'est le Viêt Nam. Et la façon dont nous avons réalisé Apocalypse Now ressemble à ce qu'étaient les Américains au Viêt Nam. Nous étions dans la jungle, nous étions trop nombreux, nous avions trop d'argent, trop de matériel et petit à petit, nous sommes devenus fous », voilà comment Francis Ford Coppola résume l’incroyable tournage de son film monument.


Contrairement au Parrain, Coppola a pu choisir, tout seul, sa distribution, avec toute de même beaucoup de difficultés.

Le rôle principal fut, dans un premier temps, incarné par Harvey Keitel, qui fut remplacé après quelques jours de tournages, car Coppola voulait un acteur passif, finalement il opta pour Martin Sheen pour interpréter Willard. Dans la liste des prétendants on y retrouve Redford, Pacino, Mc Queen et De Niro.  Willard est un capitaine assez froid, très introverti, qui doute entre participer à cette guerre ou rentrer au pays. Sheen est plutôt convaincant dans son interprétation mais pas transcendant non plus. On ressent tout de même bien la montée de la folie plus il se rapproche de Kurtz. Il fût victime durant le tournage d’un infarctus et dû être remplacé par un autre acteur pour les prises de dos. Pour la scène de début dans sa chambre, il était ivre, il a attaqué à de multiples reprises Coppola et a voulu continuer la scène après s’être coupé la main avec le miroir. Le rôle de l’impitoyable Kurtz est confié à l’immense Marlon Brando (Le Parrain, Un Tramway Nommé Désir, Sur Les Quais), qui arriva sans connaître son texte (une habitude), obèse et chauve. Comme pour Le Parrain, Brando utilise toute sa présence devant la caméra pour montrer la puissance et l’aura de son personnage, il improvise la plupart des dialogues et enchaîne les phrases philosophiques sur la guerre. Une autre connaissance de Coppola fait son apparition dans le générique, c’est Robert Duvall (le Parrain 1 et 2, Conversation Secrète) en Lieutenant Bille Killgore, passionné de surf et de napalm. Il nous livre une performance assez percutante d’un personnage fou et imperturbable. Récompensé durant plusieurs cérémonies pour le meilleur second rôle de 1979. L’acteur qui m’a le plus impressionné est Dennis Hopper (Easy Rider) dans le rôle du journaliste-photographe idolâtrant Kurtz.  Il parait complètement absorbé par son rôle, et même durant le superbe court métrage Heart of Darkness, on se demande si ce rôle n’est pas joué naturellement tellement l’acteur délire et enchaîne les phrases philosophiques à une vitesse exceptionnelle même durant le tournage. Tous ces mouvements et ses mimiques sont géniaux, il est tout simplement allumé et irrésistible. Le casting de l’équipage est bon, notamment Frederic Forrest en  « chef », qui comme Sheen devient de plus en plus fou.


La réalisation est confiée à Coppola qui y tenait beaucoup alors que son ami G.Lucas avait été envisagé mais il préféra produire son projet, non moins connu, Star Wars. Coppola se lance avec la casquette également de producteur pour avoir la main mise sur le projet. Il dut mettre toute son argent personnel pour le film et fut confronté à de nombreux problèmes durant le tournage (hélicoptères réquisitionnés pour la guerre en Philippines, Brando excentrique, infarctus de Sheen…). Le réalisateur est devenu paranoïaque, voulu se suicider et perdu 40 kilos. De très nombreuses scènes sont devenues de grands moments du cinéma notamment la célèbre scène de l’attaque des hélicoptères sur la musique des Walkyries, et l’apparition de Brando avec un jeu des lumières exceptionnelle, tout comme les autres scènes dans le repère de Kurtz. Pour filmer Brando et lui donner plus d’aura, il utilisa la contre plongée. Il réalise durant le trajet du fleuve, un road movie avec un réalisme extérieur remarquable. La guerre du Vietnam a souvent été présentée comme psychédélique, le chef opérateur le rendra bien avec l’apparition de différentes couleurs, on passe du rouge, au orange puis au rose et vert en finissant dans le noir. Le gros budget permet aussi d’avoir des décors et infrastructures conséquents pour donner plus d'ampleur au film.


Le scénario est issu de l’œuvre Heart of Darkness de Joseph Conrad qui traite d’un trajet d’un fleuve par un officier pour retrouver un collecteur d’ivoire disparu. Orson Welles devait déjà l’adapter au cinéma mais il dû se rabattre sur Citizen Kane en 1940. Coppola s’attarde surtout sur la psychologie des personnages que sur la guerre en elle-même, et choisi différents personnages issus de différentes situations sociales. C’est un film sur la morale et sur l’humanité et sur la manière dont on perd les deux.

La musique des Doors, The End, est devenue culte grâce à la magnifique scène d’ouverture.

Chef d’œuvre monument de Coppola, Apocalypse Now est aussi le meilleur film de guerre (et sur le Vietnam) mais comme pour le Parrain, ce film est bien plus qu’un film de genre.

Il est également un de mes films préférés.    



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