Critique Casablanca

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Casablanca, 1943. La ville marocaine est le poste le plus avancé de la France libre. Elle abrite une foule cosmopolite de réfugiés, de magouilleurs, de joueurs et de buveurs. Ils se retrouvent tous au Rick's Café American, l'adresse pour ceux qui veulent un visa très prisé pour l'Amérique. Des tragédies se déroulent ici soir après soir, mais le cynique propriétaire, Rick Blaine (Humphrey Bogart)se retrouve face à face avec la femme qu'il a aimé autrefois: Ilsa Lund (Ingrid Bergman) l'a quitté le jour où les Allemands sont entrés dans Paris. Elle est accompagnée du résistant Victor Laszlo (Paul Henreid). L'amour revit entre Rick et Ilsa, alors qu'une décision doit être pris par Rick, écouter la voix de l'amour ou celle du devoir patriotique. Rick décide finalement de laisser partir Ilsa avec le résistant aux États-Unis.
Film prévu pour être une propagande durant la Seconde guerre mondiale, il est devenu dés sa sortie un succès et par la suite un classique du cinéma. La puissance du film vient de sa distribution exceptionnelle, du duo mythique Bogart-Bergman, de son scénario d'un réalisme bluffant et encore d'actualité,d'une réalisation en noir et blanc qui fait partie des plus belles du cinéma et bien sûr la musique mythique As time goes by.
Tout d'abord, la distribution made in Warner reprend de nombreux protagonistes du succès du Faucon Maltais de John Huston en y associant Ingrid Bergman, Paul Henreid et Claude Rains.
La force de cette dernière tient à la multitude des seconds tous joués à la perfection par des acteurs confirmés.

Bogart incarne, à la place de Ronald Reagan qui devait jouer le rôle principal, Rick Blaine. Il livre une performance exceptionnelle de cet homme complexe, hanté par son passé et son amour à Paris. Bogart semble complétement habité par ce rôle et multiplie les différentes émotions avec une présence puissante.
La magnifique Bergman, après le succès du remake d'Autant en Emporte le Vent , Intermezzo,n'était pas le premier choix de casting car elle n'était pas du groupe Warner. Hal. B Wallis décrit parfaitement ce rôle:"C'est la seule actrice qui a la luminosité, la chaleur et la tendresse indispensables au rôle".
Pour les seconds rôles, Paul Henreid joue avec force et détermination le résistant perplexe Victor Laszlo, Claude Rains (Mr Smith au sénat, l'homme invisible...) joue parfaitement le charmant et corrompu capitaine Renault (un de mes seconds rôles préférés), le grand par le talent Peter Lorre, déjà exceptionnelle dans M Le Maudit et dans le Faucon Maltais, récidive avec le visqueux receleur Ugarte, Conrad Veidt en sombre major nazi, et Sydney Greenstreet en Signor Ferrari. Ils apposent tous leur sceau au début du mythe d'Humphrey Bogart.


La réalisation est confiée à Michael Curtiz (Robin des Bois, Capitaine Blood), alors que le premier choix était William Wyler( les Hauts de Hurlevent). Considéré comme un faiseur de rêve et un aventurier, Curtiz prend le contre pied et réalise un film d'une part en noir et blanc (Robin des bois était en couleur), cette photographie sublime n'a pas vieilli comme l'aurait fait la couleur.Sa façon de filmer les ombres ou encore ses mouvements de caméra et son sens du rythme donnent à Casablanca un aspect qui permet de l'identifier immédiatement. Il utilise également un éclairage sombre expressionniste digne des films noirs. Petite anecdote: Bergman étant plus grande que Bogart, Curtiz utilisa un marchepied pour le ré-hausser . L'émotion des acteurs est très bien captée par la caméra de Curtiz et surtout  la tension entre Rick et Ilsa.


Le scénario est inspiré de la pièce de théâtre Everybody Comes to Rick's. Cette histoire d'amour est devenue l'une des plus mythiques avec celle d'Autant En Emporte Le Vent. C'est aussi une histoire triangulaire avec différentes fins possibles qui se développe très lentement,  la scène finale à été écrite quelques jours avant sa réalisation. La scène des hymnes nationaux montre bien la complexité de cette géométrie avec Bogart qui aide malgré lui Laszlo. Les phrases mythiques s'enchainent:"Here's looking at you, kid","Louis, I think this is the beginning of a beautiful friendship.","Louis, I think this is the beginning of a beautiful friendship.","Round up the usual suspects","We'll always have Paris."..., ainsi que de petites allusions blessantes.
Les dialogues sont sobres et cyniques et conservent toute leur actualité.

C'est ce genre de film qu'on peut voir, voir et revoir sans se lasser, on voudrait revoir sans cesse cette histoire d'amour unique, le couple mythique Bogart-Bergman et cette troupe d'acteur exceptionnelle. C'est un film qui nous semble meilleur à chaque fois qu'on le voit.
C'est tout cela qui fait de ce film un chef d'œuvre intemporel. "as time goes by"






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T
Excellent classique sous fond de Résistance, d'amour avorté et de sacrifices... J'ai adoré ;-)<br /> La musique d'As time goes by résonne longtemps après avoir vu le film.
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