Critique Casablanca

Film prévu pour être une propagande durant la Seconde guerre mondiale, il est devenu dés sa sortie un succès et par la suite un classique du cinéma. La puissance du film vient de sa distribution exceptionnelle, du duo mythique Bogart-Bergman, de son scénario d'un réalisme bluffant et encore d'actualité,d'une réalisation en noir et blanc qui fait partie des plus belles du cinéma et bien sûr la musique mythique As time goes by.
Tout d'abord, la distribution made in Warner reprend de nombreux protagonistes du succès du Faucon Maltais de John Huston en y associant Ingrid Bergman, Paul Henreid et Claude Rains.
La force de cette dernière tient à la multitude des seconds tous joués à la perfection par des acteurs confirmés.

La magnifique Bergman, après le succès du remake d'Autant en Emporte le Vent , Intermezzo,n'était pas le premier choix de casting car elle n'était pas du groupe Warner. Hal. B Wallis décrit parfaitement ce rôle:"C'est la seule actrice qui a la luminosité, la chaleur et la tendresse indispensables au rôle".
Pour les seconds rôles, Paul Henreid joue avec force et détermination le résistant perplexe Victor Laszlo, Claude Rains (Mr Smith au sénat, l'homme invisible...) joue parfaitement le charmant et corrompu capitaine Renault (un de mes seconds rôles préférés), le grand par le talent Peter Lorre, déjà exceptionnelle dans M Le Maudit et dans le Faucon Maltais, récidive avec le visqueux receleur Ugarte, Conrad Veidt en sombre major nazi, et Sydney Greenstreet en Signor Ferrari. Ils apposent tous leur sceau au début du mythe d'Humphrey Bogart.


La réalisation est confiée à Michael Curtiz (Robin des Bois, Capitaine Blood), alors que le premier choix était William Wyler( les Hauts de Hurlevent). Considéré comme un faiseur de rêve et un aventurier, Curtiz prend le contre pied et réalise un film d'une part en noir et blanc (Robin des bois était en couleur), cette photographie sublime n'a pas vieilli comme l'aurait fait la couleur.Sa façon de filmer les ombres ou encore ses mouvements de caméra et son sens du rythme donnent à Casablanca un aspect qui permet de l'identifier immédiatement. Il utilise également un éclairage sombre expressionniste digne des films noirs. Petite anecdote: Bergman étant plus grande que Bogart, Curtiz utilisa un marchepied pour le ré-hausser . L'émotion des acteurs est très bien captée par la caméra de Curtiz et surtout la tension entre Rick et Ilsa.

Les dialogues sont sobres et cyniques et conservent toute leur actualité.

C'est tout cela qui fait de ce film un chef d'uvre intemporel. "as time goes by"
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