Critique: Citizen Kane

Publié le par superboubouge

 

Dans son manoir de Xanadu, Charles Foster Kane meurt en laissant tomber une boule de noël et en prononçant le mot « Rosebud ». Des articles de presse s’empilent sur la vie et la mort de ce dernier tandis qu’un journaliste tente de découvrir la signification de ce mot en interrogeant les personnes proches de Kane. Commence alors la reconstruction de la vie du magnat de  la presse Charles Foster Kane…

 

En 1941, un jeune réalisateur et acteur connu dans le milieu du théâtre et de la radio (grâce à laquelle il mit la panique à New-York avec son émission « la guerre des mondes ») révolutionne le cinéma sur tous les fronts (scénario et réalisation) avec « le meilleur film américain de tous les temps », grosse production de la RKO. Ce jeune américain est Orson Welles et ce grand chef d’œuvre est Citizen Kane.

 

 

Acteur de théâtre, Orson Welles décide d’interpréter le rôle principal du magnat de la presse, Charles Foster Kane. Il écrase la distribution, pourtant excellente, de sa présence et de son jeu d’acteur parfait. La scène du meeting lors de la campagne électorale est tout simplement extraordinaire, tout comme le descente en enfer de ce personnage qui s’effondre isolé dans son grand manoir. L’évolution tant physique que psychologique ainsi que les nombreuses défaites politiques et amoureuses de Kane est très bien marquée par Welles qui semble complétement habité par son rôle. Certains collaborateurs de Welles trouvé des similitudes entre Kane et Welles d’où l’excellente interprétation de ce dernier. Le reste de la distribution est issue du théâtre et est constituée d’anciennes connaissances d’Orson Welles dont le toujours génial Joseph Cotten (bientôt dans Le Troisième Homme avec Orson Welles, La Splendeur des Amberson d’Orson Welles…). Il campe le rôle de l’associé et critique de Kane, Leland, jusqu’à leurs désaccords après la défaite électorale. Juste et simple, notamment dans la scène où il paraît ivre, Cotten nous gratifie d’une interprétation efficace comme à son habitude. On retiendra par ailleurs l’interprétation de Dorothy Comingore, en seconde femme de Kane, jeune femme chanteuse qui est entraînée dans la folie de Kane ainsi que dans sa solitude.

 

 

Pour son premier film, Welles marquera à tout jamais le cinéma grâce à sa réalisation novatrice optée dans Citizen Kane. La révolution débute dés les premiéres scénes et des champs contre champs avec la caméra qui traverse le manoir de Xanadu. Elle continue avec les nombreux flashbacks qui constitue une nouveauté scénarique et filmique. La subjectivité des plans est primordiale pour Welles et utilise la profondeur des champs avec une visibilité dans les arrières plans comme dans la scéne où l’on voit par la fenêtre le jeune Kane s’amusant avec sa luge. Il préfére utiliser les plans séquences pour que les yeux soient en mouvement notamment quand la caméra rentre dans le manoir et se rapproche à la fin de la luge. La plongée et contre plongée apportent encore plus, notamment dans les scènes du manoir, une profondeur du champ et présentent dans ces derniéres la solitude dans le gigantesque manoir de Xanadu, la plongée montre le doute et la contre plongée la puissance. Le film est rempli de trucages visuels (fondus enchaînés,…) comme la scéne des articles de journaux et Orson Welles consacra neuf mois au montage du film. Une autre révolution éclate avec le changement physique des personnages grâce à un maquillage bluffant pour l’époque qui convainc encore. Pour sublimer sa réalisation, Welles propose un noir et blanc magnifique avec un jeu des ombres sublimes surtout dans la scène où les journalistes discutent de la mort de Kane. La grosse production permet à Welles de prendre des décors énormes dont le manoir de Xanadu. Tout pour une réalisation d’un chef d’œuvre qui nous tient en haleine jusqu’à la réponse finale.

 

 

Le scénario est coécrit par Orson Welles et par Herman J Mankiewicz et est marqué par une construction audacieuse formée par des flashbacks. Il est inspiré de la vie de William Randolph Hearst. Une erreur dans l’histoire me dérange un peu, comment les journalistes ont entendu parler de Rosebud alors que personne n’était dans la chambre de Kane, mais c’est le cinéma.

 

Chef d’œuvre incontestable mais « plus grand film américain et du cinéma » contestable car il n’existe pas, selon moi, un film supérieur aux autres lorsqu'ils touchent à la perfection. Je me demanderais toujours en quoi Citizen Kane est supérieur au Parrain, à Casablanca ou par exemple à Vertigo autres grands chefs d'oeuvre américains. Citizen Kane restera tout de même un des films clés de l’évolution du cinéma  et marquera le début d’un des grands réalisateurs du cinéma.

 



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S
Merci pour tes commentaires, j'ai découvert Welles avec ce bijou et il m'a complétement impréssioné tant sur son jeu d'acteur que sur la réalisation. Même si Citizen Kane me semble supérieur, j'ai préféré La Soif Du Mal. Quant à Casablanca, c'est pour moi le film parfait (comme le Parrain d'ailleurs !!!), avec la musique qui pour moi aussi revient souvent dans mes oreilles et ma tête.
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T
Un de mes films préférés, avec un Welles grandiose, démesuré comme son personnage. <br /> Mais l'erreur que tu soulignes est bien volontaire de la part de Welles, c'est plutôt à son honneur qu'en sa défaveur ;-)<br /> Bon blog sur les classiques en tous les cas !
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